FESTIVAL DES NOUVELLES EXPLORATIONS - SOIGNER LE MONDE

Du mercredi 16 septembre 2020 au dimanche 20 septembre 2020

Salle Jean Gabin, 112 rue Gambetta - Inscriptions, informations et programme final disponibles sur le site internet nouvellesexplorations.com
/ 06 64 09 88 85 - Gratuit

Mercredi 16 - Vivre
20h : écrire en adversité : récits d'une année de bascule
Quand les écrivains deviennent les historiens du présent. Cette grande soirée est consacrée à la parole des auteurs qui ont décrit et témoigné de l’incertitude, de la douleur, de l’urgence et des espoirs de résilience portés par cette année 2020. Leurs récits de confinement, aux quatre coins du monde de la pandémie, se confrontent à leur vision des sociétés contemporaines.
Dans ce temps suspendu qui d’habitude leur appartient, ils ont nommé ce qui n‘a jamais été, peuplé le silence des rues avec leurs mots, exploré ce qui n’était jamais évoqué dans les analyses didactiques, renoué avec les récits millénaires d’épidémies…
Le proverbe qui a inspiré le titre de cette soirée, « L’écriture en adversité, console et nous donne gaité », met à l’honneur la force du langage, l’imagination et la mémoire collective que les artistes nous transmettent.
Table ronde ponctuée d’extraits de textes marquants de l’année, et de la participation en vidéo d’écrivains de tous pays.

Conférence suivie d'un concert - ALAIN DAMASIO & YAN PECHIN
ENTRER DANS LA COULEUR
Un concert de rock-fiction porté par un duo hors norme. Issus du roman Les Furtifs, les textes ciselés du concert, politiquement très habité, traversent comme une lame les enjeux de notre époque. Le futur, c’est maintenant : en harmonie avec le vivant, ce spectacle est une initiation au monde qui vient.
À la guitare électrique et acoustique : Yan Péchin, musicien-clé d’Alain Bashung, qui a accompagné aussi bien Rachid Taha, que Brigitte Fontaine, Thiéfaine, Tricky, Miossec ou Higelin.

Jeudi 17 - Comprendre
15h30 : solidarités locales : les inventeurs du quotidien
Toujours, dans les périodes de crise, se révèle la vraie nature profonde des hommes, égoïste ou généreuse : l’égoïsme est triste et ennuyeux, mais la générosité est rayonnante et féconde.
En témoigneront des acteurs locaux et nationaux qui, de manière spontanée, dans les territoires, dans nos campagnes, villes, villages, dans les hôpitaux bien sûr, ont illustré les sursauts des français pour pallier les lacunes, ou compléter les mesures des pouvoirs publics. La mosaïque d’initiatives individuelles illustre que l’archipel France peut être peuplé d’îlots de solidarités.

20h30 : la parole scientifique contre les incertitudes
Depuis une bonne cinquantaine d’années, scientifiques et philosophes nous disent que notre civilisation est à « haut risque ». Les vertigineux progrès de notre époque nous suggère que tout est maîtrisable, alors que chaque avancée de la science est une exploration dans le doute, l’incertitude et l’expérimentation.
Notre rapport même à la connaissance se révèle profondément ambivalent, particulièrement en temps de crise. Comment dégager un sens à la quantité d’informations, d’annonces parfois contradictoires dans la recherche d’un traitement, et dans les découvertes scientifiques en général ? C’est à cette interrogation que se confronteront quatre chercheurs, dont l’une a été au coeur de la tempête, comme membre du Conseil scientifique Covid-19.

vendredi 18 - Changer
15h30 : rompre avec la prédation de la nature
Si on commence (enfin) à être conscient de l’effondrement dramatique de la biodiversité, les effets des zoonoses* n’étaient pas connus du grand public, qui les a découverts «en direct». Les diverses espèces, dont humaine, coexistent avec fragilité ; aujourd’hui l’explosion démographique, l’extension des zones urbaines, le trafic des espèces perturbent l’ordre naturel, et on se demande s’il reste possible d’endiguer ces bouleversements. Est-il encore temps de rompre avec ce que Pierre Charbonnier a appelé «l’éclipse de la nature »?
* infestations parasitaires dont les agents se transmettent naturellement des animaux à l’être humain, et vice-versa

20h30 : je soigne donc je suis.
Au-delà du soin, au sens propre, donné par les médecins, infirmiers, les aides-soignants, que nous applaudissions tous les soirs à nos fenêtres, il y a le soin distribué de multiples façons, au sein des EPHADs, de notre voisinage, dans sa famille.
Dans cette société où les valeurs humanistes semblent s’effacer au nom de la compétitivité et de la conquête, le soin a rendu à leur identité humaine, à leur valeur irremplaçable quantité d’initiatives, de gestes, de projets.
Le « care » peut-il, au delà de la résilience de l’après-covid, modeler une société nouvelle ? Ou bien, dans la crise sociale qui vient, les rivalités destructrices vont-elles l’emporter ? Là encore, nous entrons dans une période d’exploration dont l’issue sera décisive pour surmonter les inévitables prochaines crises de ce siècle. Depuis le mois de mars, les aides de proximité (infirmiers libéraux, aides à domicile, personnel des hôpitaux et des EHPAD) sont sur le devant de la scène et en première ligne face aux ravages du virus.

Samedi 19 - Découvrir
15h30 : sidération : de l'expérience spatiale au bug humain
En interrogeant ce que les autres champs d’exploration peuvent nous apprendre à anticiper et à supporter sur terre, nous avons croisé celui des études spatiales. D’une part parce que le risque de contamination par agents pathogènes, dont la dangerosité est inconnue, est inhérente au travail des chercheurs, même en laboratoire. Aussi parce que les spationautes ont une expérience à transmettre en matière de confinement, et des conséquences cognitives que l’isolement entraine. La notion de mesures de « protection planétaire », l’état de nos connaissances en neurosciences, particulièrement de nos mécanismes d’auto-conservation, nous donneront-elles assez de clés pour nous adapter et surmonter des catastrophes futures ? En quittant l’état de sidération, serons-nous assez
matures pour prendre un nouveau départ ?

20h30 : Covid-19 : science, médecine et société
Cette soirée dédiée à la recherche scientifique relative à la Covid-19 fait la chronique d’un temps médical accéléré aux allures de course contre la montre. Nous reviendrons sur les découvertes récentes, notamment dans le diagnostic des formes graves, décrites par le fameux «orage de cytokines» : un emballement inflammatoire qui emporte les malades. Des prédispositions génétiques, contenues dans nos protéines, désigneraient des signatures sanguines repérables.
Notre savoir en réactions immunitaires dépend aussi de l’étude fondamentale des coronavirus, et particulièrement celle de l’enzyme qui permet au virus de se répliquer, l’ARN polymérase.
En évoquant l’ensemble des disciplines mobilisées, et différentes structures de collaborations internationales, les spécialistes préciseront les liens entre recherche et politiques de santé publique et répondront à toutes nos interrogations.

Dimanche 20 - Imaginer
16h : les explorateurs déconfinent le futur
De Magellan à la fin du 15ème siècle à la conquête spatiale de nos jours, les explorateurs ont été de tout temps les témoins avertis de notre monde et de ses évolutions. Ils ont découvert des continents nouveaux, des espèces nouvelles, et ont été aussi des agents de propagation de maladies…
Ceux d’aujourd’hui sillonnent les mers pour sauver notre biosphère, et l’arracher à son confinement mortifère, c’est-à-dire à ses « maladies civilisationnelles ». Les récits de ces aventuriers devenus lanceurs d’alerte doivent, plus que jamais, être écoutés et médités, puisqu’ils nous invitent au voyage intérieur qui seul pourra nous conduire à remettre radicalement en cause notre impact sur la planète.

Soumis aux gestes barrières.