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L'école de pilotage René Caudron
sur l'aérodrome de Royan-Médis (1935-1939)

Dès juin 1909, la revue " Océana " signale : C'est Royan qui a eu l'honneur de constituer la première section de la ligne nationale aérienne. Cette section s'est développée d'une façon remarquable. Pour une population de 8 400 habitants, elle compte 90 membres.

Ce qui explique sans doute qu'en septembre 1910 se déroule la première semaine de l'aviation à Royan, au cours de laquelle un fou volant dans sa drôle de machine, Louis Gibert, venu de bordeaux à tire d'aile, pose son monoplan Blériot (identique à celui qui avait réussi la première traversée de la Manche un an auparavant) sur la plage de Pontaillac.

Notre-Dame du Platin,
patronne des aviateurs

Le lendemain, il en décolle pour survoler la petite chapelle du Platin, à St-Palais. Cet oratoire avait été construit en 1904 par Monsieur Odelin, ancien conseiller municipal de Paris, et était devenue en 1909 Notre-Dame du Platin, patronne des aviateurs, à la suite de l'exploit de Blériot.

ndplatinNotre-Dame du Platin,
patronne des aviateurs

En effet, Monsieur Odelin, avait fait graver 7 médailles à l'effigie de Notre-Dame du Platin et les avait offertes à Blériot et à sa famille. Très vite, cette médaille eut un grand succès auprès des aviateurs qui l'emportaient avec eux ou faisaient décorer leurs avions de la fin silhouette de la Vierge, accompagnée de la phrase : " Regarde-la et prend ton vol ".

Louis Gibert effectua le premier pèlerinage aérien, le 24 septembre 1910, au-dessus de la chapelle, en lançant un bouquet de fleurs, puis il alla contourner le phare de Cordouan et se posa devant une foule enthousiaste sur la Grande Conche. En mettant pied à terre, il écrivit : " J'irai toujours plus haut, toujours plus loin...sous la protection de Notre-Dame du Platin ".

En 1911, Brindejonc du Moulinais, atterrit sur la Grande Conche. En 1913, il effectue lui aussi le pèlerinage au-dessus de Notre-Dame du Platin. Ses collègues Dély et Séguin ne semblent pas avoir été protégés par la Madone. Le biplan du premier tombe à la mer alors que le monoplan du second brise son train d'atterrissage.

Naissance
de l'aéro-club de Royan

Après la guerre, il faut attendre 1930 pour voir la création de l'aéro-club de Royan, utilisant pour les appareils de ses adhérents les plus fortunés les prairies du plateau crayeux et venteux de Médis, dominant la baie de Royan.

Un prospectus de 1935 vante les charmes des promenades en avion : " Royannais et touristes, aidez toujours l'aéro-club de Royan en devenant bien vite de ses membres. Vous l'aiderez à prospérer ; et pour un prix très réduit, vous pourrez dans l'un de ses avions si sûrs, admirer, sous un angle nouveau, les plus jolis aspects de la Côte de Beauté ".

Cette propagande précédait d'un an celle qui sera lancée par le Front Populaire en faveur de " l'Aviation populaire ".

Un certain Joseph de Lélée, devient le chef pilote de cet aéro-club en 1934 ? Il est alors en relation avec le célèbre constructeur d'avions René Caudron (1884-1959), frère de Gaston Caudron (1882-1915), qui fut un des pionniers de l'aviation et se tua pendant la Première Guerre Mondiale, en expérimentant le premier avion de bombardement.

René Caudron, sur les conseils de Lélée, cherche alors à implanter une école de mécaniciens de l'air et une école de pilotage à Royan. C'est Joseph de Lélée qui mène les négociations sur place, auprès de la municipalité de Médis et celle de Royan, dont le maire est Jules Lehucher, remplacé en 1935 par Paul Métadier, qui retrouvait ainsi son siège, perdu en 1930.

Création de l'école
René Caudron

C'est donc en 1935 que Paul Métadier passe un premier accord avec René Caudron pour l'implantation d'une école de mécaniciens de l'air dans la caserne Champlain, inutilisée, et près de laquelle des ateliers et des hangars seront construits pour former 600 élèves (ce bâtiment est devenu ensuite un lycée professionnel, puis vendu par l'Etat à un promoteur et détruit pour faire place à des immeubles).

Un second accord aboutit, cette même année, à la création d'une école de pilotage sur le site de l'aérodrome, qui devient officiellement " l'aéroport municipal de Royan-Médis ".

Ces écoles, qui font de Royan un grand centre aéronautique, vont porter le nom de leur fondateur, René Caudron. Elles devaient initialement former des mécaniciens et des pilotes civils. Mais, en 1935, devant la menace du réarmement allemand décidé par Hitler, l'état-major français se rendit compte que notre aviation risquait d'être rapidement dépassée par celle des Allemands. Il convenait donc non seulement de construire des avions, mais aussi de former au plus vite des mécaniciens et des pilotes militaires.

Les deux écoles de pilotage de l'époque, Istres et Avord, ne suffisant pas, il fut décidé d'utiliser des écoles civiles pour former un plus grand nombre de " Chevaliers du ciel ". C'est ainsi que celles d'Angers, d'Aulnat et d'Ambérieu, mais aussi celle, toute nouvelle, de Royan-Médis se muèrent en écoles de formation de pilotes militaires, tout en conservant leurs statuts d'écoles civiles.

Il fallut donc pour René Caudron et Joseph de Lélée, agrandir, aplanir et baliser le terrain et qu'ils l'équipent de bâtiments d'habitation et de hangars. La base au sol comprenait un grand dortoir, une salle de conférence, des bureaux, des ateliers, des magasins, etc. Le tout, flambant neuf, le jour de l'arrivée de la première promotion, le 2 septembre 1935.

avionBrindejonc des Moulinais atterrit sur la plage de la Grande Conche (1911).
(Photo Robert Vigneron)

1935 : première promotion
d'élèves pilotes et mécaniciens

Le recrutement des élèves-pilotes s'effectuait par concours, du niveau du baccalauréat, après un redoutable examen d'aptitude physique où le moindre défaut vous éliminait. En septembre 1935, une cinquantaine d'élèves, d'une vingtaine d'années, venus de toute la France, arrivèrent à Royan et s'installèrent dans les baraquements de l'école René Caudron.

Ils allaient apprendre à piloter sur les avions-écoles de l'époque, des Caudron-Luciole, à moteur Renault de 120 CV. C'était des petits biplans, très gracieux, très maniables et très sûrs. Une dizaine de mécaniciens, plus les élèves-mécaniciens de Champlain, assuraient le bon état des appareils, un chef-pilote et 6 moniteurs, la formation des pilotes.

La vie était dure à l'école René Caudron. Lever à 5h00. De 6h00 à 8h00 : cours techniques dispensés par un pilote d'Air France (fondée en 1933 par la fusion de plusieurs compagnies), prêté à l'école par Monsieur Boire. De 8h00 à 9h30 : exercices militaires avec maniement du fusil Lebel. Puis, après un casse-croûte, devant les avions sortis des hangars, c'était le moment tant attendu. A 10h00, les moteurs vrombissaient...

Pendant qu'un groupe restait à Médis, un autre groupe était transporté en autobus vers les pistes de dégagement (en herbe) : une à Semussac, l'autre au lieu-dit Chapitre. Alors, la ronde des petits Luciole commençait. Toutes les 10 minutes, ils décollaient ou atterrissaient. Un élève marquait chaque atterrissage et chaque temps de vol, en doubles commandes d'abord, puis en solo. L'après-midi, la ronde reprenait jusqu'à 17h30. Puis, de nouveau des cours qui se terminaient à 20h00.

L'examen du brevet militaire comprenait des épreuves théoriques et de pratique, en vol solo, au cours desquels il fallait effectuer un circuit triangulaire, avec montée à 5000 mètres au-dessus de la Gironde.

L'instruction n'était pas terminée pour autant car l'élève pilote passait alors sur un avion plus puissant, le Caudron C490, un biplan doté d'un moteur de 240 CV, puis sur un Simoun, monoplan rapide pour l'époque, profilé et entièrement fermé, mais d'un pilotage délicat. Enfin, des figures d'acrobatie sur Luciole clôturaient cette formation d'environ un an, d'où le pilote sortait avec une centaine d'heures de vol, prêt à entrer dans une escadrille pour un contrat de longue durée avec l'Armée de l'Air.

Une deuxième promotion, d'une cinquantaine d'élèves encore, fut formée en 1936-37. Puis, brusquement, en juillet 1937, on apprit la fermeture et la dissolution de l'école, faute de crédits, au moment des difficultés économiques et financières du Front Populaire. Sans doute en fut-il de même pour l'école des mécaniciens.

16 juin 1940 :
dissolution de l'école d'aviation
Réné-Caudron

Une troisième promotion sera pourtant appelée, entraînant la réouverture de l'école, en avril 1939, la guerre paraissant désormais inévitable. L'instruction des pilotes n'était pas terminée lors de la déclaration de guerre, en septembre 1939. En novembre, l'école René Caudron changea de nom et de statut. Elle devint, pour un temps très bref, jusqu'à la débâcle et l'armistice de juin 1940, une école militaire sous le nom " d'Ecole auxiliaire de pilotage de Royan rattachée au Bataillon de l'Air 113 de la base aérienne de Rochefort ".

De même, l'école de mécanicien de l'Air de la caserne Champlain (qui regroupait alors 1200 élèves travaillant sur les Morane 405-406) sera elle aussi rattachée à la base aérienne de Rochefort. Elle continuera à former des élèves, sous la direction du commandant Hostein, jusqu'au 16 juin 1940, date de sa dissolution et du départ précipité de ceux-ci vers les Pyrénées Orientales...

Ajoutons que, le 16 juin 1940, deux groupes d'avions de chasse de Melun se réfugièrent à Royan, faute de carburant...

Le 23 juin 1940, les soldats allemands arrivaient à Royan, occupaient l'aérodrome ainsi que l'ancienne école de pilotage, à 17h00, puis la caserne Champlain, désertée par ses élèves mécaniciens.

Les baraquements de Médis et de Champlain furent détruits lors du bombardement du 5 janvier 1945. Les écoles auraient pu renaître après la guerre, des projets en ce sens ayant d'ailleurs été étudiés. Mais, dans la région, ce sera la base de Cognac qui formera désormais les jeunes pilotes et celle de Rochefort les mécaniciens de l'Air.

promotionPromotion 1939-40 de l'école des mécaniciens de l'air de la caserne Champlain Groupe 4c2.
(Photo Robert Gamme)

En 1935, l'adjudant Alfred Quintard quitte Avord pour Royan afin de commander le détachement d'élèves pilotes de l'école René Caudron et de contrôler leur préparation au brevet militaire. Il y reste jusqu'en juillet 1937, date de la dissolution de l'école. Il est alors affecté à la base aérienne de Rochefort.

Mais il revient à Royan en avril 1939, lors de la réouverture de l'école, pour être le directeur de la 3ème promotion. Confirmé en novembre 1939 dans son poste de commande de l'école auxiliaire de pilotage de Royan, il obtient les galons de commandant en avril 1940, peu de temps avant la défaite et la fermeture définitive de l'école.

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